Dimanche 24 juin 2007
publié dans : Mon Histoire
undefinedValou - 05 avril 2004
J’ai tendance à éloigner volontairement tous ceux (sauf ceux chez qui je sens une réelle compréhension et une véritable gentillesse) qui ont su mon parcours réel, car je ne veux pas de pitié ni de jugement, mais de l'amour ou de l'amitié sincères.
 
Ca va être très long, ce récit !! Ca va être aussi très dur pour moi de relater tous ces événements douloureux.
 

ENFANCE

Déjà, je suis née alors que ma mère et mon père avaient 39 ans. Mon père voulait que ma mère avorte, elle n'a pas voulu, trop heureuse d'avoir un enfant à cet âge.
 
Mon père est un égocentrique majeur (il n'y a que lui qui compte, que sa petite personne, que ses problèmes, que ses idées, que son avis), il a donc fait 3 enfants, mais ne s'en est jamais affectivement occupé. Il a, de plus, toujours fait cocu ma mère. Il fait partie d'une secte (la Scientologie) depuis 1970, ce qui n'arrange pas les choses !! Je n'ai donc jamais eu d'affection de la part de mon géniteur. Jusqu'à ce que j'aie 5 ans, il était veilleur de nuit, puis quand j'ai eu 6 ans, ma mère et moi sommes allés habiter dans un petit village près de Troyes, puis, quand j'ai eu 9 ans, ils ont divorcé. Je n'ai donc jamais vraiment connu ce "père", d'où un déséquilibre et un manque certains en ce qui concerne l'affection masculine. Je l'ai toujours et très mal recherchée, cette affection.
 
Bref, quand mes parents étaient ensemble, ce n'étaient que cris, coups et disputes. Quand ils se sont séparés, j'ai joué le rôle (à 9 ans !!) de défouloir verbal en ce qui concerne mon père et de soutient total en ce qui concerne ma mère (elle a fait une très grave dépression et tombait souvent dans les pommes). Mon père a été un enfoiré total durant le divorce, insultant ma mère, la faisant encore pleurer, ... Et moi, j'étais le témoin impuissant de tout cela.


ADOLESCENCE

Quand j'ai eu 14 ans 1/2, ma mère et moi avons déménagé pour Troyes, afin que je n'aille pas en pension. C'est là que j'ai connu mon premier amant (il avait 28 ans), dans le premier bar où je suis entrée alors que ma mère déballait encore les cartons !! Coup de foudre immédiat, 8 mois de bonheur !! Durant cette période (ce bar étant le refuge des New Wave du coin), je suis devenue New Wave, puis Punk.
 
Un jour, j'avais 15 ans, alors que je buvais un verre avec 3 soi-disant amis, ces derniers m'ont proposé de me raccompagner en voiture. Je signale au passage que c'étaient 2 arabes et un noir, mais j'étais militante anti-raciste à l'époque. Bref, je monte en voiture, mais ils passent devant ma rue !! Je le leur signale et ils me disent qu'avant de me raccompagner, ils doivent aller voir un copain. Soit. On a finalement atterri dans un coin désert sur une colline boisée près de Troyes. 1er viol. Là, à trois, ils n'ont eu aucun mal à me faire ma fête !! Je ne sais comment, mais alors que le 3è allait s'y mettre, j'ai réussi à sortir de la voiture. J'étais en état de choc, complètement folle. Je me suis cachée le temps qu'ils partent, puis je me suis mise à crier au secours en courant à la recherche d'une maison. Dans la 1ère, c'est un homme qui m'a ouvert : je me suis remise à crier de plus belle !! Dans la 2nde, c'est une petite mamie qui m'a accueillie, elle était avec son mari. Elle m'a réconfortée, donné un chocolat chaud, a téléphoné à ma mère et m'a ramenée chez moi. Je n'ai pas voulu sortir de chez moi pendant plusieurs jours. Au bout de quelques jours, je suis sortie et ai malencontreusement rencontré l'un de mes agresseurs qui m'a mis un couteau sous la gorge en me disant "Tu vois ce qui va t'arriver si tu portes plainte !!". Je n'ai donc rien dit à la Police. Peu de temps après, j'ai fait une première tentative de suicide : le docteur m'a dit que j'étais passée à 1 heure de la mort.
  
Environ 6 à 8 mois plus tard, essayant de m'en sortir à force de volonté, j'ai recommencé à sortir. J'ai commencé à boire tant et plus, à sortir en boite, à revenir (quand je revenais !!) chez moi à des heures pas possibles, à me faire (même si j'étais devenue frigide) un sacré paquet de mecs, à fréquenter tout ce qu'il y avait de moins fréquentable sur Troyes !! J'ai revu un autre "ami" (un autre arabe). On a été se balader dans les rues de Troyes, puis il m'a dit qu'il devait passer chez lui chercher quelque chose. Comme une idiote, je suis entrée !! Il a refermé la porte derrière moi et ça a été mon second viol, moral celui-ci. Il m'a séquestrée pendant toute une journée et une partie de la nuit, me disant qu’il me ferait subir les pires supplices moraux mais sans me violer physiquement, car je porterais plainte. Il n’a pas menti, c’était presque pire que le viol. A un moment, j'ai réussi à lui échapper (je ne sais pas non plus comment, car il m’accompagnait même pour aller aux WC !!) et je me suis enfuie. Le lendemain, alors que je rentrais chez moi en vélo, j'ai entendu une voiture qui allait tout doucement derrière moi. Je me suis donc rapprochée du trottoir pour la laisser passer. Je l'ai ensuite entendu accélérer d'un coup et j'ai volé avec mon vélo. Ma tête a heurté un poteau en béton, j'ai traîné sur plusieurs mètres, mais j'ai eu le temps de relever la tête pour identifier la voiture de celui qui m'avait violée.
 
Le lendemain, je suis tout de même allée voir la Police. C'est dur de raconter tout cela en face d'un homme qu'on ne connaît pas !! Bref, nous sommes allés là où ça s'est passé, mais l'oiseau s'était envolé. Après renseignement auprès de ses parents, il était retourné au Maroc. Le procès s'est donc fait par contumas.
 
Là, plus question de mecs. Je suis entrée dans une bande d'homos mecs. J'étais la reine : on m'ouvrait les portes, me tirait ma chaise, on me protégeait !! Cependant, n'étant toujours pas stable, j'ai refait une tentative de suicide. Là, j'ai atterri dans le pavillon des fous !! C'est super cool de se réveiller avec une porte fermée, des barreaux partout et des tarés qui hurlent !! Ma mère est rapidement venue me sortir de là. Je suis retournée dans la bande et ils m'ont réellement soutenue, cajolée, entourée. C'est grâce à eux que, petit à petit, j'ai repris confiance dans la vie. J'ai toujours eu aussi un mental et un caractère très forts.

Cependant, à l'hôpital, une assistante sociale est venue me voir. Peu de temps après, ils m'enlevaient de chez ma mère, car ils l'ont jugée inapte à m'élever !! La pauvre : personne n'aurait été capable de m'élever, avec le caractère que j'avais !! Cette dame m'a dit qu'en outre j'avais été prise en photo par les flics avec des gens peu recommandables !! J'ai donc atterri dans un foyer de redressement. Ambiance d'enfer dans le foyer avec ces 15 autres filles !! Un jour, en ayant marre de cette ambiance pourrie, j'ai fugué du foyer. J'ai vécu dans la rue, dormi sur les bancs, j'ai eu faim et froid. Parfois, j'allais chez un "copain" qui, moyennant « baise » (oui, on n'appelle pas ça faire l’amour), m'hébergeait et me nourrissait. C'est une sorte de prostitution, mais quand on a faim et froid ... Les éducs m'ont retrouvée et reconduite au foyer.
 
Quelques mois plus tard, à un peu plus de 16 ans, ils m'ont mis en foyer extérieur (un appart qu'ils louaient pour apprendre aux filles à se débrouiller toutes seules). Là, ça a été la fête jusqu'à mes 18 ans (âge de sortie du foyer) !! A cet âge, seule dans un appart' : le bonheur !!

A 19 ans, j'ai connu un mec (patron de son bar à 21 ans) et suis restée avec lui 2 ans. Il était hyper possessif et jaloux, je n'avais plus le droit de voir mes copains ni mes copines, mais je l'aimais.


DIDIER - Mai 1990 à Septembre 1997


Jusqu'à ce que, à une sortie en boite non permise par lui, j'ai rencontré mon ex. J'avais 21 ans. On est sortis ensemble en Mai et, en Septembre, on habitait ensemble sur Villejuif. Ne connaissant personne d'autre que lui et ses amis, j'ai fait l'erreur de vivre par lui et pour lui, ce qui, sans qu'il soit emprisonné car il sortait quand et comme il voulait, l'a étouffé. En Septembre, 6 ans plus tard (j'avais donc 27 ans), j'ai su que j'étais enceinte, mais j'ai perdu le bébé. Le 22 Décembre de la même année, il m'apprenait qu'il me quittait, car il avait rencontré quelqu'un d'autre !! Là, étant seule à Paris et l'aimant plus que de raison, je suis tombée du 120è étage sans ascenseur !! Je suis restée prostrée pendant 8 mois.
 

1997
 Après mes 8 mois de deuil de mon ancien ménage, je décide de re-sortir. J'ai vu qu'il y avait une boite, près de chez moi (le Métropolis) et je me suis donc boostée pour y aller : je ne savais pas danser Techno et à la limite, je n'aimais pas trop !! J'y ai cependant retrouvé mes 15 ans !! Je me suis rapidement fait des copains et des copines et je me suis re-fait des mecs tant et plus et me suis re-saoulée
tant et plus !!
 
Entre temps, étant donné que nous étions co-signataires du bail, j'ai dû quitter notre appart et m'en trouver très vite un autre. Les dettes se sont accumulées au fur et à mesure des mois (1 loyer 1/2 à payer avec une paye de 7000 francs, c'est hard !!). J'ai donc eu encore faim, je n'avais plus les moyens que de payer mes factures courantes (et encore, je m'enfonçais dans les dettes de plus en plus !!) et de mettre de l'essence dans ma voiture, plus de sous pour manger, frigo désespérément vide !!
 
Donc, à un peu plus de 27 ans, je me retrouve seule et croulant sous les dettes (environ 15000
francs !! ). Je vais voir une assistante sociale qui me dit que, puisque j'ai plus de 25 ans, célibataire, sans enfants et française, je n'ai droit à rien !! A ce moment (ce n'était pas calculé !!) mon estomac se met à faire un bruit de "vide" !! Je repars donc, écoeurée.

Puis, environ 4 mois plus tard,  je suis appelée par l'office des HLM IRP pour me dire qu'il y a un appartement libre sur Chevilly : environ 1000 francs de moins que l'actuel !! Je saute sur l'occasion : j'y habite d'ailleurs toujours.

En ce qui concerne mon frigo vide, j'avais pris pour habitude de demander aux personnes qui voulaient venir me voir de me prévenir au moins un jour à l'avance : ça me permettait de vite faire les courses pour que personne ne s'aperçoive de ma "déchéance". Or, un jour, l'un d'eux (Nico), est venu sans crier gare. Il a été se servir un jus de fruit dans le frigo et (oh miracle !!) on n'y voyait que la lumière !! J'ai failli mourir de honte. Sur ce, je me suis fait disputer. "Tu aurais pu me le dire, que tu n'avais rien à manger, je t'aurais aidée" m'a-t-il dit. "Sûrement pas" ai-je rétorqué !! C'est vrai, la honte, il a 10 ans de moi que moi !! Bref, le lendemain il est revenu avec 3 gros sacs de courses : j'en ai pleuré !!

Ca a duré 4 ans. Quatre ans de fête à ne plus me souvenir de ce que j'avais fait la veille !! Je me suis faite avoir tant et plus par des mecs en qui je croyais et qui, finalement, ne voulaient qu'une chose : baiser (là non plus, on n’appelle pas ça faire l’amour). Pour y arriver, ils étaient près à me faire croire monts et merveilles. Moi, en manque d'affection et d'amour, naïvement, je gobais tout, pour me retrouver ensuite, en pleurs, seule dans mon lit !! Que de larmes j'ai pu verser !! Que de fois mon coeur s'est brisé !! Je me sentais sale, seule, si seule !! Et encore, je n’avais rien vu de ce qu’est la vraie solitude !! J’avais encore des « amis », en ce temps-là !!


XAVIER- 1999 

Entre temps, à 29 ans, le jour du 1er Janvier 1999, j'ai rencontré un superbe asiatique de 8 ans mon cadet, moitié chinois moitié japonais (Xavier). Ca a été une relation fusionnelle, je n'ai jamais été aussi heureuse avec un mec !! Il ne voulait plus partir de chez moi (à noter, qu'entre temps, j'avais changé de job et que j'étais un peu mieux payée).

Il était encore à la fac : sa mère appelait sans arrêt !! Puis, les vacances d'été venant, nous sommes partis chacun de notre côté. A mon retour, en Août : plus de nouvelles. J'ai enfin réussi à le joindre un jour et, là, il me dit que c'est fini !! Je re-tombe du 120è étage sans ascenseur, ne m'y attendant pas du tout !! Ma dépression a commencé là, petit à petit, insidieusement. J'ai en fait appris, un an plus tard, par son cousin, qu'en fait c'est sa mère qui lui avait donné le choix entre moi et ses études !! J'ai bien sûr compris son choix.


 DEPRESSION - SOLITUDE

En Septembre 2001, je sors avec un autre mec (Jacky) : on se connaissait déjà depuis quelques temps. Coup de foudre à nouveau. Il me largue en fin Novembre. Là, ma dépression s'est déclarée complètement. C'était en fait la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je ne faisais plus que pleurer, je ne mangeais plus (déjà, depuis la rupture avec Xavier, j'avais perdu pas mal de kilos). Je suis tombée à 47 kgs : un vrai squelette !!

Petit à petit, je me suis retrouvée seule : plus de coups de fil, plus de visites, plus de mails, plus rien !! Seul Nico est resté auprès de moi !! Tant que j'allais bien, que je ne faisais que rire, que j'amusais la galerie, que je conduisais les gens où ils voulaient, que j'hébergeais tout un chacun, qu'on pouvait me téléphoner nuit et jour si on n'allait pas bien, tout allait bien. Mais maintenant que c'était moi qui avais besoin des autres : plus personne !! A l'heure actuelle, je n'ai toujours que Nico et un nouvel ami : Thai (ami très fidèle et proche : notre "histoire" a d'ailleurs commencé l'été 2003 par une déclaration d'amour de sa part !!).

Bref, depuis, je suis seule tout le temps, les soirs, les week-ends, pas d'appels, rien (sauf ceux de Thai et de ma Maman), juste ma musique, ma télé, mon ordi, mes bouquins et mon chat !! Je commence à avoir de moins en moins de nouvelles de Nico. C'est très dur, parfois, la solitude. De plus, je n'aime pas à sortir seule (j'ai honte d'être seule !!), je me confine donc chez moi tout le temps. Je me dis aussi que j'ai 34 ans et que je suis toujours célibataire et sans enfants. C'est très dur. Donc, depuis 2 ans 1/2, je suis sous anti-dépresseurs et cachets pour dormir.

Mon moteur à moi, c'est l'Amour. Aimer et être aimée de retour, tel est mon but. Rendre quelqu'un heureux et être heureuse, je n'en demande pas plus à cette vie qui se complait à s'acharner sur moi !!

Etre entouré : c'est très important !! C'est quand on se retrouve totalement seul qu'on s'aperçoit à quel point l'amour et l'amitié sont important pour vivre !! J’apprends à vivre seule, sans ami (ou presque, puisque Thai va bien partir de la France).

J'en ai assez bavé dans ma vie, on m'a assez meurtrie !! Je ne demande plus que de l'amour, de la complicité, de la douceur et du respect !! Je pense le mériter, après tout ce que j'ai vécu.
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